Les vacances sont souvent présentées comme une période de repos. Pourtant, elles peuvent demander beaucoup plus à notre corps que certaines semaines ordinaires.
Marcher pendant plusieurs heures, monter des escaliers, visiter une ville, porter des valises, rester debout, nager ou se déplacer sur des pavés et des sentiers irréguliers… Tout cela fait partie des vacances, sans que l’on ait nécessairement l’impression de « faire du sport ».
Bien sûr, notre niveau de fatigue dépend aussi du sommeil, du stress, de la chaleur, de notre état de santé et du rythme que nous choisissons.
Mais les recherches montrent qu’un autre élément joue un rôle important : notre condition physique. La force, l’endurance, la mobilité et l’équilibre influencent notre capacité à accomplir les activités du quotidien avec davantage d’aisance.
Autrement dit, ce que nous entretenons durant l’année peut réellement changer la manière dont nous vivons nos vacances.
Les vacances sollicitent notre corps sans en avoir l’air
En vacances, nos habitudes changent. Nous marchons parfois bien plus que prévu, transportons des sacs, grimpons des marches pas toujours très régulières et restons longtemps debout pour visiter un lieu.
C’est ce qui m’a frappée récemment à Tomar, au Portugal.
Nous avions garé la voiture près de l’eau, tout en bas de la ville. Pour rejoindre le château, il fallait gravir de nombreuses marches irrégulières, comme on en trouve souvent autour des anciennes forteresses.
Une fois presque arrivés, nous avons découvert que des travaux nous obligeaient à faire encore un détour autour du château pour trouver l’entrée.
Je suis simplement montée à mon rythme, sans douleur et sans difficulté particulière. J’ai beaucoup transpiré — petit clin d’œil à la périménopause, qui semble avoir amélioré mon système d’arrosage automatique — mais mon corps suivait.
Au moment du retour, autre exercice très fonctionnel : faire entrer les bagages de cinq personnes dans une voiture déjà pleine à craquer. Mon compagnon et moi avons dû déplacer et soulever plusieurs fois de lourdes valises pour réussir notre partie de Tetris grandeur nature.
Rien de tout cela n’était une séance de sport. Pourtant, ces moments demandaient de l’endurance, de la force, de la mobilité et de la stabilité.
L’endurance permet de profiter plus longtemps
L’endurance ne sert pas uniquement à courir ou à rouler vite à vélo.
Elle permet aussi de marcher plus longtemps, de visiter une ville, de suivre une balade ou d’enchaîner plusieurs activités sans être complètement épuisée en milieu de journée.
Les recherches montrent que l’activité physique régulière, en particulier lorsqu’elle associe plusieurs types d’exercices, améliore la capacité de marche et les performances physiques fonctionnelles.
Concrètement, lorsque votre endurance progresse, le même effort représente une part moins importante de vos capacités maximales.
Marcher pendant une heure, monter une côte ou passer une journée à visiter reste un effort. Mais cet effort devient généralement plus confortable et plus facile à récupérer.
La force rend les gestes du quotidien moins coûteux
Porter une valise, déplacer un transat, soulever un sac de courses, monter un escalier ou se relever d’un siège bas demande de la force.
Plus un geste se rapproche de votre capacité maximale, plus il est difficile.
Prenons un exemple simple : si une valise de 15 kilos représente presque toute la charge que vous êtes capable de soulever, elle vous semblera extrêmement lourde. Si vous disposez de davantage de force, cette même valise sollicitera une plus petite partie de vos capacités.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le renforcement musculaire facilite les activités quotidiennes.
Il ne s’agit pas de devenir championne d’haltérophilie. Il s’agit de conserver suffisamment de force pour que les gestes ordinaires restent… ordinaires.
L’équilibre permet de bouger avec davantage de confiance
Les vacances ne se déroulent pas toujours sur un sol parfaitement plat.
Il y a les pavés, les sentiers, les marches anciennes, le sable, les pontons, les bateaux ou les chemins en pente.
L’équilibre dépend de plusieurs éléments : la vision, les informations provenant de nos articulations, la réaction de nos muscles et notre capacité à ajuster rapidement notre position.
Les programmes associant équilibre, force et exercices fonctionnels améliorent la stabilité et peuvent diminuer la peur de tomber, notamment chez les adultes plus âgés.
Mais l’équilibre ne concerne pas uniquement les femmes de 70 ans.
À 40, 50 ou 60 ans, il permet déjà de poser le pied avec plus d’assurance, de mieux réagir face à un déséquilibre et de moins hésiter devant une activité inhabituelle.
Entretenir son équilibre, ce n’est donc pas seulement prévenir une chute future. C’est aussi conserver aujourd’hui la confiance nécessaire pour marcher, danser, voyager et essayer de nouvelles activités.
La mobilité aide le corps à s’adapter
La mobilité, ce n’est pas réussir un grand écart.
C’est disposer de suffisamment d’amplitude et de contrôle pour accomplir les mouvements dont nous avons besoin.
Se pencher pour fermer une valise, monter dans une voiture, enfiler ses chaussures, passer au-dessus d’un obstacle, s’asseoir au sol ou se relever nécessitent de la mobilité.
Elle dépend des articulations, mais également de la force et de la coordination.
Une bonne mobilité ne garantit pas que nous ne ressentirons jamais de raideur. Elle permet surtout au corps de disposer de davantage de solutions pour s’adapter aux situations rencontrées.
Les cours ne remplacent pas le mouvement quotidien
Une ou deux séances par semaine ne suffisent pas à effacer des journées entières passées assise.
Être active au quotidien reste essentiel : marcher, prendre les escaliers, jardiner, faire ses courses, promener le chien, ranger la maison, bricoler ou simplement se lever régulièrement.
Toutes ces activités font partie de ce que l’on appelle parfois le NEAT : l’énergie dépensée grâce aux mouvements de la vie quotidienne, en dehors du sport organisé.
Le NEAT peut représenter une part importante de notre activité totale. Il ne remplace pas toujours un travail ciblé de renforcement, d’équilibre ou d’endurance, mais il évite que le corps passe l’essentiel de la journée immobile.
Les cours construisent et développent certaines capacités. La vie quotidienne nous donne ensuite l’occasion de les utiliser.
Ce que nous travaillons dans mes cours se retrouve dans la vie réelle
Dans mes cours, nous ne travaillons pas la force, l’équilibre, la mobilité et l’endurance comme quatre cases totalement séparées.
Nous apprenons à nous relever, à stabiliser le corps, à pousser, tirer, respirer, tenir un effort, changer de direction et coordonner plusieurs mouvements.
L’objectif n’est pas uniquement de réussir l’exercice proposé pendant la séance.
Une fente peut aider à mieux monter une marche. Un exercice d’équilibre peut être utile sur un sentier irrégulier. Le renforcement du dos et des jambes peut faciliter le port d’une valise. Un travail d’endurance peut permettre de visiter une ville sans être épuisée après une heure.
C’est pour cette raison que j’aime parler de mouvement utile.
Le sport peut répondre à un objectif esthétique, améliorer les performances, entretenir la santé ou offrir le plaisir de se dépasser. Il peut aussi servir quelque chose de très simple : permettre à notre corps de continuer à accompagner nos envies.
Faut-il continuer à s’entraîner pendant les vacances ?
Pas nécessairement de la même manière que durant l’année.
Les vacances peuvent aussi être l’occasion de récupérer, de dormir davantage et de changer de rythme.
Une étude consacrée aux comportements de mouvement pendant les vacances a d’ailleurs constaté, chez les participants étudiés, davantage de sommeil, légèrement plus d’activité physique et moins de temps sédentaire qu’en période habituelle.
Une autre étude suggère qu’une semaine de vacances comprenant des activités physiques légères à modérées peut être favorable au bien-être et à la qualité du sommeil.
Le message n’est donc pas de suivre un programme militaire entre deux visites.
Vous pouvez simplement continuer à bouger naturellement :
- marcher pour découvrir les environs ;
- nager tranquillement ;
- faire une balade à vélo ;
- jouer avec vos enfants, vos proches ou vos petits-enfants ;
- visiter à pied ;
- prendre les escaliers lorsque cela reste confortable ;
- réaliser quelques mouvements de mobilité lorsque votre corps en ressent le besoin.
Le repos et le mouvement ne sont pas opposés. Une activité agréable peut aussi participer à la récupération, à condition de respecter votre état de fatigue, votre santé et vos éventuelles douleurs.
Deux semaines plus calmes font-elles perdre tous les bénéfices ?
Non. Une diminution temporaire de l’entraînement ne fait pas disparaître en quelques jours tout ce que vous avez construit pendant l’année.
Certaines capacités, comme l’endurance, peuvent commencer à diminuer plus rapidement lorsqu’une personne arrête complètement de bouger. La force semble généralement mieux résister lors d’une interruption courte.
Mais les résultats varient selon l’âge, le niveau initial, le type d’entraînement et la durée de l’arrêt.
La majorité des études sur le désentraînement portent d’ailleurs sur un véritable arrêt de l’exercice, parfois pendant plusieurs mois, et non sur deux semaines de vacances durant lesquelles on continue à marcher et à vivre normalement.
Il n’y a donc aucune raison de culpabiliser parce que vous avez moins suivi vos séances pendant vos congés.
Après les vacances, une reprise progressive permet simplement de retrouver son rythme sans transformer la première séance en règlement de comptes avec son corps.
En pratique : comment entretenir une condition physique utile ?
Il n’est pas nécessaire de s’entraîner tous les jours. En revanche, bouger chaque jour et pratiquer régulièrement des activités variées est important.
Essayez de conserver :
- du mouvement quotidien : marche, escaliers, jardinage, déplacements à pied ;
- des activités développant l’endurance, comme la marche soutenue, le vélo ou certains exercices cardio ;
- du renforcement musculaire au moins deux fois par semaine ;
- des exercices de stabilité et d’équilibre ;
- des mouvements permettant de conserver une mobilité confortable ;
- suffisamment de repos et de récupération.
L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes de pratiquer chaque semaine entre 150 et 300 minutes d’activité physique modérée, ainsi que des exercices de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.
À partir de 65 ans, elle recommande aussi d’accorder une attention particulière à l’équilibre et aux exercices fonctionnels.
Ces recommandations donnent un cadre. Elles ne sont pas un examen à réussir.
Chaque période de mouvement compte, et la pratique doit toujours être adaptée à votre santé, à vos capacités et à votre réalité.
Une bonne condition physique ne garantit pas des vacances parfaites et n’empêche pas toute fatigue.
Elle peut néanmoins rendre de nombreuses activités plus accessibles : marcher, monter des escaliers, porter ses affaires, garder son équilibre et récupérer plus facilement.
Les séances structurées développent ces capacités. Le mouvement quotidien — le fameux NEAT — permet de continuer à les utiliser tout au long de la journée.
Je ne souhaite pas que vous fassiez du sport uniquement pour devenir capable de faire davantage de sport.
Je souhaite que vous puissiez marcher pour découvrir un endroit magnifique, porter vos affaires, jouer, danser, jardiner, voyager ou accepter une activité sans vous demander immédiatement si votre corps va suivre.
C’est ce que nous construisons pendant l’année : un corps plus disponible, qui connaît les mouvements, s’y adapte et vous laisse davantage de liberté.
Le Cahier d’été 2026 reste accessible pendant le mois d’août.
Il comprend 14 vidéos et plus de 3 h 30 de pratique : mobilité, renforcement, équilibre, respiration et cardio doux, avec des séances de 5 à 24 minutes.
Vous choisissez librement selon votre énergie, votre temps disponible et vos envies, sans pression ni recherche de performance.
Questions fréquentes
Faut-il faire du sport pendant les vacances ?
Ce n’est pas obligatoire. Vous pouvez réduire les séances structurées tout en restant active autrement : marcher, nager, visiter, faire du vélo ou simplement bouger davantage au cours de la journée.
Est-ce grave de ne pas s’entraîner pendant deux semaines ?
Non. Une courte pause ne fait pas disparaître tous les bénéfices acquis. L’endurance peut diminuer plus rapidement que la force, mais une reprise progressive permet généralement de retrouver ses sensations.
La marche suffit-elle pour conserver une bonne condition physique ?
La marche est excellente pour la santé, l’endurance et le mouvement quotidien. Elle ne remplace toutefois pas entièrement le renforcement musculaire, le travail de l’équilibre et certains exercices de mobilité.
Qu’est-ce que le NEAT ?
Le NEAT désigne l’activité liée aux mouvements du quotidien en dehors du sport structuré : marcher, jardiner, faire les courses, ranger, bricoler, prendre les escaliers ou se lever régulièrement.
Peut-on améliorer sa condition physique après 60 ou 70 ans ?
Oui. Les recherches montrent que la force, la mobilité, l’équilibre et les capacités fonctionnelles peuvent encore progresser à un âge avancé, à condition que les exercices soient adaptés et pratiqués régulièrement.
Quels exercices sont particulièrement utiles pour les vacances ?
Les exercices associant renforcement des jambes et du dos, endurance, équilibre et mobilité sont utiles pour marcher, monter des escaliers, porter des bagages et se déplacer sur des terrains variés.
- Organisation mondiale de la Santé. Lignes directrices sur l’activité physique et la sédentarité , 2020.
- Di Lorito C. et coll. Exercise interventions for older adults: a systematic review of meta-analyses . Journal of Sport and Health Science, 2020.
- Treacy D. et coll. Mobility training for increasing mobility and functioning in older people with frailty . Cochrane Database of Systematic Reviews, 2022.
- Valenzuela P. L. et coll. Effects of physical exercise on physical function in older adults in residential care . The Lancet Healthy Longevity, 2023.
- Teuber S. P. et coll. Effects of a one-week vacation with various activity programs on well-being, heart rate variability and sleep quality . BMC Public Health, 2022.
- How do 24-hour movement behaviours change during and after vacation? International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 2023.

Bonjour Séverine,
Rester sans bouger serait très difficile pour moi, aussi les cahiers d’été, replays et autres me sont d’une grande aide. J’ai la chance encore de pouvoir bouger sans trop de difficultés, malgré un manque certain de « musculature » principalement sur le haut du corps ( bras et dos principalement). le port d’un sac à dos par exemple est impossible pour moi. Aussi c’est avec une grande assiduité que je continue de manière quasi quotidienne de bouger un peu, malgré cette chaleur très très fatigante depuis plus d’un mois maintenant.
Et voilà!
Merciiiii. C’est clair que la chaleur rend les choses plus compliquées, plus lentes…et plus transpirantes haha.
Et bien sûr Séverine, merci à toi pour tous tes conseils , et le punch que tu nous transmets!
A très bientôt pour de nouvelles aventures sur le tapis!
Belle journée .
Gene
Bonjour Séverine,
Pendant tes vacances, j’ai gardé le rythme et la forme grâce aux cahiers de l’été. J’ai eu le plaisir d’y retrouver des extraits de mes cours préférés avec des exercices qui me font beaucoup de bien. Le cahier est bien écrit, bien structuré et les extraits sont facilement accessibles. Merci de prendre soin de nous pendant tes vacances❤️
Merci beaucoup!