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Ces méthodes de gym qui nous formatent

Depuis plusieurs années, je me rends compte que certains concepts me conditionnent.

En tant que prof de sport, nous sommes souvent amenés à choisir une méthode ou l’autre.

Les formations proposent en général un langage qui leur correspond; parfois un peu cliché, très imagé : tirer le nombril vers la colonne, baisser les omoplates, engager le périnée etc. C’est très pratique pour donner cours; on peut répéter les phrases clé et, sans nous en apercevoir, les répéter encore et encore: nous nous formatons.

Mais donner cours, pour moi, ce n’est pas imposer une série d’exercices associés à des consignes qui conviendraient à tout le monde! Je ne prépare jamais mes cours: je ne sais pas comment seront mes élèves quand je les verrai. J’écoute et je m’adapte.

Des douleurs, des tensions à écouter? Besoin de se sentir plus fluide, plus léger?  Les souhaits peuvent varier tous les jours et je tiens à proposer un cours qui convient au mieux à chaque participant.

Une séance est avant tout un moment qui fait du bien, re-sentir son corps, être attentif à la façon dont le cerveau va réagir, connecter le tout et s’entraîner, aller au delà de ce qu’on avait pensé.

Je guide au mieux mes élèves à bouger, travailler avec leur corps. C’est tellement plus que d’imposer une soit disant « posture correcte », avec une contraction de telle partie du corps, le tout avec une suite d’exos que le prof trouve logique. L’ exercice n’est pas « juste ou faux »: je préfère proposer mes exercices en fonction du corps de chacun.

Le corps dans sa globalité, sans le couper en morceaux.

Dé-formatage, et ressenti.

J’ai adoré cette semaine de stage à Ibiza avec Karin Locher. Je m’y sentais bien. Ce n’était pas une nouvelle méthode mais un nouveau regard. Un même exercice présenté avec d’autres mots peut-être complètement différent! Le ressenti peut-être plus au moins fort mais il est aussi possible de sentir d’autres zones de son corps en faisant le même mouvement.

Karin et moi

J’ai encore plus pris conscience de l’influence des mots, des attitudes que nous, enseignants de Pilates/fitness, adoptons. Et oui! Nous avons le pouvoir d’influencer le ressenti de nos élèves par le choix des mots mais aussi par notre attitude.

Tous les matins, Karin nous demandait comment nous nous sentions. Pas juste une forme de politesse, mais un arrêt nécessaire pour jauger notre état.

You and fascia, You AS fascia

Plutôt nerveux? Torse bombé avec certains muscles contractés? Plutôt cérébral, plein de choses à penser? Plutôt zen, bien posé, respiration fluide?

C’est extrêmement important! Lorsque nous parlons à quelqu’un, nous pouvons deviner si cette personne est stressée (et nous stresse) ou si elle est posée (et nous fait du bien). C’est donc crucial pour enseigner.

Pour donner un bon cours, je dois savoir comment je suis, pour me poser, m’ouvrir et partager dans l’empathie. Ce mot est crucial. Pour être dans l’empathie, je ne peux pas imposer, je dois lâcher prise.

C’est aussi ce que je peaufine avec mes formations à propos du fascia, tant au niveau mouvement que au niveau du touché.

Le langage fascial n’a rien à voir avec le langage d’autres approches. Beaucoup de méthodes conditionnent, figent et limitent les gens, avec un langage dur, respectant la théorie de « notre méthode est juste, ça c’est faux ».

Lorsque j’étais septique sur un mouvement et que j’en faisais part, à aucun moment je n’ai eu comme réponse que j’étais dans l’erreur. D’abord, j’étais entendue. On me proposait de montrer comment j’aurais réalisé le mouvement, les mots, les images que j’aurais choisis. Ensuite, à mon tour d’essayer avec l’autre approche, les autres mots. Vient le moment de ressentir et donner son avis.

Qui avait raison? Tout le monde. C’est enrichissant de sentir autrement, en laissant de coté ses croyances.

Il n’est plus question d’avoir raison ou pas , il est question  d’accepter différentes façons de faire pour atteindre un même objectif.

Mise en commun des connaissances.

Il y a peut-être un exo que je n’ai pas apprécié, parce qu’il ne correspond pas à ce que je pense pour le moment, peut-être que je ne le trouve pas adapté à mes élèves… et, vous savez quoi, personne n’a essayé de me l’imposer, de me convaincre de son bien fondé . Dans ce type de formation, il n’y a pas de jugement.

J’apprécie l’approche positive, constructive, remplie d’empathie où l’exclusivité et la pensée unique n’ont pas de place.

Se déformater, c’est s’exposer à la critique car vous ne rentrez plus dans le moule; vos propos déstabilisent ceux qui sont  assis sur leurs croyances et convictions sans les remettre en question. Se remettre en question c’est grandir.

Être un prof déformaté, c’est être en perpétuelle évolution, c’est passionnant.

Avoir un prof déformaté, c’est avoir un prof qui se connecte à vous pour vous proposer des exercices précis, le meilleur pour VOUS, quitte à sortir des sentiers battus et avoir l’air original. Il ouvre son esprit vers d’autres points de vue, connait plusieurs méthodes et s’abreuve à différentes sources.

Souvent, on me demande quelles formations faire pour donner de bons cours. Faites en plusieurs, à votre rythme. Mon coeur va vers le Pilates original, mais les adaptations sont intéressantes, De Gasquet est excellent à de nombreux niveaux… et les autres! Feldenkreis, Busquet, Franklin, et d’autres qui vous font bouger, explorer le mouvement.

De plus en plus de profs déformatés ont à leur actif beaucoup de méthodes différentes ; ils vous proposent leur vision du mouvement, du Pilates ou autre approche …toutes sont intéressantes.

Si vous voulez découvrir mon approche en mouvement au sens propre comme figuré, n’hésitez pas à me rejoindre dans mes cours, mes vidéos et mes workshops.




Comments (4)
  1. Anonyme Reply

    Super article, je suis Séverine depuis un certain temps et je trouve magnifique qu’elle soit ouverte à d’autres approches ?! Bravo Séverine, continue comme ça ??????

  2. Anonyme Reply

    J’ai été animatrice de sport dans une fédé ( sport santé) j’ai fait beaucoup de formation au sein de ma fédé qui nous guidait vers toutes ces formations : pilates De Gasquet et autres…. Quand je t’ai découverte sur YouTube ( il y a déjà un bon moments) j’ai été excitée de tes approches et confortée par ton sens du sport et du mouvement !! Enfin je rencontrai quelqu’un qui pensait comme moi ( j’avais tellement de questionnements par rapport à ce j’essayais d’amener à mon public tout en me SENTANT très bien avec ce que nous partagions ensemble).je suis retraitée, et je te dis un GRAND merci pour ta quête du mieux pour tous, c’est ce que j’ai tellement aimé à apporter le long de ma carrière MERCI Tété

  3. Anonyme Reply

    Bonjour c’est Tété pour le mouvement rolling like A ball je n’arrive pas à me relever? Abdo encore trop faible ou éclatement et distance des jambes par rapport au bassin
    Merci

    1. Hélène Potemski Reply

      Merci pour cette approche très intelligente de la façon dont on peut envisager les mouvements ou les postures dans le bien-être. J’ai été animatrice GV et ai remanié mes cours quand j’ai connu la méthode Gasquet, et maintenant je pratique avec vos séances et je me régale. C’est varié, ça fait du bien, on comprend ce que l’on fait et et on n’est plus consommateur mais acteur et c’est très enrichissant. Il y a encore tellement de cours très directifs qui devraient être bannis d’internet car les gens s’agitent, bougent, remuent, transpirent sans réfléchir à l’impact sur leurs corps. Et quand on est seul face à son écran, c’est mieux de comprendre ce que lon pratique.


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